Le tubage d'un conduit de cheminée représente une étape cruciale pour garantir la sécurité et les performances de votre installation de chauffage au bois. Cette opération, qui consiste à insérer un tube métallique dans un conduit maçonné existant, est aujourd'hui obligatoire dans de nombreuses situations. Suivre une méthodologie rigoureuse et éviter les erreurs courantes permet d'assurer l'étanchéité, d'optimiser le tirage et de se conformer aux exigences de la norme NF DTU 24.1.
Qu'est-ce que le tubage de cheminée et pourquoi est-il indispensable ?
Le tubage consiste à installer un conduit métallique, généralement en acier inoxydable, à l'intérieur d'un conduit de fumée existant. Cette technique améliore significativement la sécurité et l'efficacité énergétique de votre installation de chauffage au bois.
Les fonctions principales du tubage
Le tubage remplit plusieurs rôles essentiels pour votre installation :
- Étanchéité aux fumées : Il crée une barrière continue qui empêche les gaz de combustion et le monoxyde de carbone de s'infiltrer dans l'habitation à travers les fissures du conduit maçonné
- Amélioration du tirage : Un conduit trop large par rapport à la puissance de l'appareil génère un tirage excessif qui aspire la chaleur vers l'extérieur, réduisant ainsi le rendement
- Protection thermique : Le tubage protège les parois maçonnées de la dégradation due aux températures élevées et aux condensats acides
- Prévention du bistrage : Une surface lisse et régulière limite l'accumulation de dépôts de goudron et de bistre
- Adaptation aux normes modernes : Les conduits anciens ne sont généralement pas conçus pour les appareils à combustion fermée actuels
Quand le tubage est-il obligatoire ?
Selon la norme NF DTU 24.1, le tubage devient obligatoire dans plusieurs situations précises :
| Situation | Obligation de tubage | Raison |
|---|---|---|
| Installation d'un insert ou poêle à bois | Oui | Adaptation du conduit à l'appareil fermé |
| Conduit maçonné fissuré ou non étanche | Oui | Risque d'intoxication au monoxyde de carbone |
| Conduit incompatible avec le combustible | Oui | Sécurité et conformité réglementaire |
| Vente immobilière en zone PPA (depuis 2023) | Possible | Mise en conformité obligatoire |
| Conduit existant en bon état pour foyer ouvert | Non | Mais fortement recommandé |
Si vous constatez que votre poêle à bois fume, un tubage défectueux ou absent peut en être la cause. Une installation conforme garantit l'évacuation optimale des fumées.
Les différents types de tubage : flexible, rigide ou double paroi
Le choix du type de tubage dépend de la configuration de votre conduit existant, de l'accessibilité en toiture et des exigences de votre appareil de chauffage.
Tubage flexible en inox
Le tube flexible constitue la solution la plus polyvalente et la plus couramment installée dans les conduits existants :
- Avantages : S'adapte aux conduits coudés ou irréguliers, installation plus rapide, coût plus abordable, moins d'ouverture de trappes nécessaire
- Inconvénients : Résistance mécanique inférieure au rigide, surface intérieure légèrement moins lisse
- Utilisation recommandée : Conduits avec dévoiements, accès toiture contraint, installation dans conduit maçonné existant
- Matériau idéal : Inox 316L pour le bois bûche et granulés
Tubage rigide en acier inoxydable
Le tube rigide se compose de sections droites emboîtables offrant une performance maximale :
- Avantages : Excellente résistance aux chocs de brossage lors du ramonage, surface interne parfaitement lisse favorisant le tirage, durabilité supérieure, vieillissement optimal
- Inconvénients : Ne convient qu'aux conduits parfaitement rectilignes, installation plus complexe, coût légèrement supérieur
- Utilisation recommandée : Conduits droits, projets privilégiant la durabilité maximale, installations neuves
Tubage double paroi isolé
Cette solution combine un conduit intérieur et une enveloppe extérieure avec isolant thermique :
- Avantages : Maintien de la température des fumées, réduction drastique de la condensation, protection thermique renforcée
- Utilisation recommandée : Portions de conduit exposées à l'extérieur, traversées de zones froides, installations dans régions à climat rigoureux
- Distance de sécurité : 8 cm minimum par rapport aux matériaux inflammables selon le DTU 24.1
Le choix du diamètre est tout aussi crucial que le type de tubage. Pour optimiser les performances, consultez notre guide sur comment choisir le diamètre de conduit adapté à la puissance de votre poêle à bois.
Les étapes détaillées de l'installation d'un tubage
Une installation de tubage réussie nécessite une méthodologie rigoureuse et le respect de plusieurs étapes successives. Voici le processus complet pour garantir une installation conforme et durable.
Étape 1 : Diagnostic et inspection du conduit existant
Avant toute intervention, un professionnel qualifié doit réaliser un diagnostic approfondi du conduit :
- Inspection visuelle : État des parois intérieures, présence de fissures, dégradation des joints, traces d'humidité
- Vérifications dimensionnelles : Hauteur totale du conduit, section intérieure, présence de dévoiements, angles des coudes
- Test d'étanchéité : Réalisation d'un essai fumigène pour détecter les fuites invisibles à l'œil nu
- Évaluation structurelle : Stabilité et intégrité du conduit maçonné, nécessité de travaux préalables de renforcement
Cette phase détermine le type de tubage adapté, le diamètre nécessaire et identifie les éventuels travaux préparatoires à effectuer.
Étape 2 : Ramonage et nettoyage préalable
Le ramonage intégral du conduit est obligatoire avant l'installation du tubage :
- Ramonage mécanique : Élimination complète des dépôts de suie, bistre et goudron sur toute la hauteur
- Débistrage si nécessaire : Retrait des dépôts durs et caramélisés par débistrage mécanique ou chimique
- Dépose des accessoires : Retrait des chapeaux, mitrons, anti-refouleurs et poteries en place
- Séchage du conduit : En cas de condensations antérieures, laisser le conduit ouvert en haut et en bas pour assèchement complet
- Vérification finale : Inspection post-nettoyage pour s'assurer de l'absence totale d'obstructions
Étape 3 : Préparation du matériel et des accessoires
Rassemblez l'ensemble des composants nécessaires à l'installation :
| Élément | Fonction | Spécifications |
|---|---|---|
| Tube flexible ou rigide | Conduit principal | Diamètre conforme aux préconisations fabricant |
| Colliers de fixation | Assemblage des sections | Compatible avec le type de tubage choisi |
| Plaque d'étanchéité | Fermeture en sortie de toit | Adaptée au type de couverture |
| Chapeau terminal | Protection contre la pluie | Sauf si té de purge avec évacuation condensats |
| Raccord de pied | Connexion avec l'appareil | Diamètre correspondant à la buse de sortie |
| Rosace ou trappe de visite | Accès pour entretien | Selon configuration du conduit |
Pour une installation réussie, vous devez également bien comprendre les normes d'installation des conduits de cheminée pour poêle à bois, qui encadrent précisément le tubage.
Étape 4 : Insertion du tubage dans le conduit
L'insertion proprement dite du tube demande méthode et précaution :
- Choix du sens d'insertion : Le tube flexible peut être introduit aussi bien par le haut (depuis le toit) que par le bas (depuis la pièce), selon l'accessibilité
- Respect du sens de montage : Vérifier les indications du fabricant sur les composants, généralement marquées par des flèches
- Déroulage progressif : Pour le flexible, dérouler délicatement en évitant les torsions et compressions excessives
- Guidage dans le conduit : Faire descendre ou monter le tube progressivement, en veillant à ne pas le coincer dans les dévoiements
- Utilisation d'une corde de guidage : Pour les conduits hauts, fixer une corde au tube pour faciliter la manœuvre
- Emboîtement des sections rigides : Pour le tubage rigide, assembler les éléments au fur et à mesure de la progression
Étape 5 : Assemblage et fixations
Une fois le tube en place, procédez aux connexions et fixations :
- Connexion au niveau de l'appareil : Raccorder le bas du tubage à la buse de sortie du poêle ou de l'insert avec les colliers adaptés
- Assemblage des sections : Pour le flexible, utiliser les colliers de serrage fournis par le fabricant, jamais de colliers de plomberie standards
- Respect de la libre dilatation : Prévoir les jeux nécessaires dans les traversées de planchers pour la dilatation thermique du conduit
- Éviter les jonctions dans les traversées : Aucun assemblage ne doit se situer au niveau d'une traversée de plancher
- Serrage des colliers : Serrer fermement mais sans excès pour ne pas écraser le tube flexible
Étape 6 : Ventilation du conduit maçonné
La ventilation de l'espace annulaire entre le tubage et le conduit maçonné est obligatoire :
- Ventilation haute : Création d'une ouverture en partie supérieure du conduit pour évacuation de l'air chaud et de l'humidité
- Ventilation basse : Ouverture en partie inférieure pour circulation d'air et assèchement permanent du conduit maçonné
- Dimensionnement : Surfaces de ventilation conformes aux prescriptions du DTU 24.1
- Protection : Grilles de ventilation empêchant l'intrusion d'animaux ou de débris
Étape 7 : Installation de la sortie en toiture
La finition en toiture doit garantir l'étanchéité et respecter les hauteurs réglementaires :
- Plaque d'étanchéité : Installation d'une plaque ou d'un solin adapté à la pente et au type de couverture
- Hauteur de débouché : Le conduit doit dépasser d'au minimum 40 cm le faîtage du toit ou toute partie distante de moins de 8 mètres
- Chapeau terminal : Pose d'un chapeau pare-pluie, sauf si un té de purge avec évacuation des condensats est installé
- Étanchéité à l'eau : Vérification soigneuse de tous les points de pénétration dans la toiture
La protection contre les refoulements de fumées est également essentielle. Découvrez les solutions disponibles dans notre guide sur les chapeaux de cheminée anti-refoulement.
Étape 8 : Tests de conformité et vérifications finales
Avant la mise en service, plusieurs contrôles sont indispensables :
- Essai fumigène obligatoire : Test systématique pour vérifier l'étanchéité complète de l'installation
- Vérification des fixations : Contrôle du serrage de tous les colliers et assemblages
- Contrôle des distances de sécurité : Mesure des écarts par rapport aux matériaux combustibles (8 cm minimum pour double paroi)
- Test de tirage : Vérification du bon fonctionnement du tirage avec l'appareil en service
- Remise des documents : Fiche d'identification du conduit (annexe E du DTU 24.1), certificat de conformité, notice d'entretien
Les erreurs les plus fréquentes à éviter absolument
Même avec une bonne connaissance théorique, certaines erreurs courantes peuvent compromettre la sécurité et les performances de votre installation. Voici les pièges à éviter impérativement.
Erreur n°1 : Tuber seulement une partie du conduit
Le tubage partiel constitue une violation majeure des normes en vigueur :
- Pourquoi c'est interdit : Le DTU 24.1 impose un tubage sur toute la longueur du conduit sans exception
- Risques encourus : Infiltration de fumées dans les parties non tubées, condensation excessive, corrosion du conduit maçonné
- Conséquences légales : Non-conformité pouvant entraîner le refus d'indemnisation par l'assurance en cas de sinistre
- Solution : Toujours tuber depuis la sortie de l'appareil jusqu'à la sortie en toiture, sans discontinuité
Erreur n°2 : Utiliser un diamètre inadapté
Le dimensionnement du tubage doit respecter scrupuleusement les préconisations du fabricant de l'appareil :
| Type d'erreur | Conséquences | Solution |
|---|---|---|
| Diamètre trop petit | Tirage insuffisant, refoulement de fumées, surchauffe de l'appareil, encrassement rapide | Respecter le diamètre minimum recommandé par le fabricant |
| Diamètre trop grand | Tirage excessif, surconsommation de combustible, baisse de rendement, condensation importante | Adapter le diamètre à la puissance de l'appareil |
| Réduction brutale de section | Turbulences, accumulation de dépôts, perte de tirage | Utiliser une pièce de transition progressive si nécessaire |
Erreur n°3 : Ne pas ramoner avant le tubage
Cette négligence peut avoir des conséquences graves :
- Risque d'incendie : Les dépôts de bistre et de goudron restent entre le tubage et le conduit maçonné et peuvent s'enflammer
- Insertion difficile : Les accumulations peuvent bloquer ou endommager le tube flexible lors de l'insertion
- Corrosion accélérée : Les résidus acides attaquent le conduit maçonné et peuvent dégrader prématurément l'installation
- Obligation réglementaire : Le DTU 24.1 impose explicitement un ramonage préalable complet
Erreur n°4 : Oublier la ventilation du conduit maçonné
L'absence de ventilation de l'espace annulaire provoque plusieurs désordres :
- Condensation permanente : L'humidité stagne entre le tubage et les parois maçonnées
- Dégradation du bâti : L'humidité et les condensats acides attaquent le mortier et les briques
- Prolifération de moisissures : Développement de champignons dans les parties non ventilées
- Gel hivernal : Risque de fissuration due au gel de l'eau accumulée
Erreur n°5 : Utiliser des accessoires non compatibles
Les accessoires doivent impérativement provenir du même fabricant que le tubage :
- Colliers inadaptés : Les colliers de plomberie standards ne sont pas conçus pour les hautes températures et peuvent se desserrer
- Plaques d'étanchéité génériques : Risque d'infiltration d'eau et de mauvaise tenue mécanique
- Raccords improvisés : Les adaptations "maison" créent des points faibles et des risques de fuite
- Exigence normative : Le DTU 24.1 impose l'utilisation exclusive des accessoires prévus par le fabricant du système
Erreur n°6 : Ne pas respecter les distances de sécurité
Les écarts par rapport aux matériaux combustibles sont strictement encadrés :
- Distance minimale pour double paroi : 8 cm entre le conduit et tout matériau inflammable (bois de charpente, isolation, cloisons)
- Traversées de planchers : Respect des jeux de dilatation et protection par manchon incombustible
- Température de surface : Maximum 50°C dans les parties habitables, 80°C dans les combles
- Conséquences du non-respect : Risque majeur d'incendie par échauffement progressif des structures en bois
Erreur n°7 : Utiliser le conduit de raccordement comme tubage
Cette confusion est formellement interdite par le DTU 24.1 :
- Conduit de raccordement : Partie visible reliant l'appareil au conduit de fumée, longueur maximale 3 mètres, maximum 2 coudes
- Tubage : Conduit métallique inséré dans le conduit maçonné sur toute la hauteur
- Interdiction : Ne jamais utiliser un simple tuyau de raccordement pour tuber un conduit de cheminée
- Différence de résistance : Les tubes de raccordement ne sont pas conçus pour résister aux contraintes d'un conduit complet
Erreur n°8 : Installer sans certificat ni documentation
La traçabilité et la documentation sont essentielles :
- Fiche d'identification obligatoire : L'annexe E du DTU 24.1 impose la remise d'une fiche technique complète
- Conservation des justificatifs : Factures, schémas d'installation, certificat de conformité, notice d'utilisation
- Importance pour l'assurance : En cas de sinistre, ces documents prouvent la conformité de l'installation
- Valeur à la revente : La conformité documentée constitue un argument de valorisation du bien immobilier
Coûts et budget à prévoir pour un tubage de cheminée
Le budget d'un tubage varie considérablement selon plusieurs facteurs. Voici une estimation détaillée pour vous aider à planifier votre projet.
Fourchettes de prix selon le type d'installation
| Type de tubage | Fourniture seule | Pose comprise (6 mètres) | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| Tubage flexible simple paroi | 150 - 300 € | 500 - 800 € | Solution économique pour conduits coudés |
| Tubage flexible double paroi | 300 - 500 € | 700 - 1 000 € | Isolation thermique intégrée |
| Tubage rigide simple paroi | 200 - 400 € | 600 - 900 € | Durabilité maximale, conduits droits |
| Tubage rigide double paroi isolé | 400 - 700 € | 900 - 1 200 € | Performance optimale, longévité supérieure |
Facteurs influençant le coût total
Plusieurs éléments peuvent faire varier significativement le budget final :
- Hauteur du conduit : Chaque mètre supplémentaire ajoute 50 à 100 € au coût total
- Accessibilité en toiture : Un toit difficile d'accès ou très pentu augmente le temps d'intervention et donc le coût
- Diamètre du tubage : Les diamètres supérieurs à 180 mm sont plus coûteux
- Accessoires nécessaires : Chapeau (50-150 €), plaque d'étanchéité (40-120 €), kit de raccordement (30-80 €)
- Travaux préparatoires : Ramonage (80-150 €), débistrage (200-400 €), réparations du conduit maçonné (variable)
- Qualification de l'installateur : Un professionnel RGE ou Qualibois facture généralement 10-20% plus cher mais garantit la conformité
Aides financières disponibles
Le tubage peut être partiellement financé lorsqu'il est associé à l'installation d'un appareil performant :
- MaPrimeRénov' : Jusqu'à 1 250 € pour l'installation d'un insert ou poêle performant (revenus très modestes), le tubage peut être inclus dans le devis global
- Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) : 550 à 870 € selon les revenus, cumulables avec MaPrimeRénov'
- TVA réduite à 5,5% : Applicable sur la main-d'œuvre et le matériel si les travaux sont réalisés par un professionnel
- Condition d'éligibilité : L'appareil installé doit respecter les seuils de performance énergétique (rendement ≥ 75%, émissions de CO ≤ 0,12%)
Faut-il faire appel à un professionnel ou tuber soi-même ?
L'installation d'un tubage est techniquement réalisable par un bricoleur expérimenté, mais plusieurs arguments militent fortement en faveur d'une intervention professionnelle.
Les avantages de faire appel à un professionnel certifié
- Garantie décennale : Protection juridique en cas de désordre ou de malfaçon pendant 10 ans
- Expertise technique : Diagnostic précis, choix du matériel adapté, respect scrupuleux des normes DTU 24.1
- Couverture d'assurance : En cas de sinistre, l'assurance habitation exige généralement une installation certifiée conforme
- Accès aux aides : Les subventions (MaPrimeRénov', CEE) requièrent l'intervention d'un artisan RGE
- Certification de conformité : Remise obligatoire de l'attestation et de la fiche d'identification du conduit
- Sécurité d'intervention : Travail en hauteur sécurisé avec équipements professionnels adaptés
Les risques du tubage en auto-installation
Si vous décidez malgré tout de réaliser le tubage vous-même, soyez conscient des risques :
- Responsabilité civile : Vous êtes personnellement responsable en cas d'incident (incendie, intoxication)
- Garantie appareil : Une pose non conforme peut annuler la garantie fabricant de votre poêle ou insert
- Problème d'assurance : Refus possible d'indemnisation si l'installation n'est pas certifiée conforme
- Risque de malfaçon : Erreurs de dimensionnement, oubli de ventilation, fixations inadéquates, hauteur insuffisante
- Dangerosité : Travail en hauteur sans équipements de sécurité adaptés, risque de chute grave
Comment choisir votre professionnel
Pour sélectionner un installateur compétent, vérifiez plusieurs critères :
- Certification Qualibois ou RGE : Gage de compétence technique et condition d'accès aux aides financières
- Assurance décennale en cours : Demandez une attestation à jour couvrant spécifiquement les travaux de fumisterie
- Devis détaillés comparatifs : Sollicitez au minimum 3 devis précisant le type de matériel, les normes respectées, les garanties
- Avis et références : Consultez les avis clients, demandez des réalisations similaires dans votre région
- Visite technique préalable : Un professionnel sérieux inspecte toujours le conduit avant d'établir son devis
Entretien et maintenance du tubage après installation
Une fois le tubage installé, un entretien régulier garantit sa durabilité et votre sécurité.
Obligations réglementaires d'entretien
La loi impose des ramonages périodiques dont la fréquence varie selon le combustible :
| Combustible | Fréquence de ramonage | Observations |
|---|---|---|
| Bois bûches ou charbon | 2 fois par an | Espacer les ramonages de plusieurs mois si possible |
| Granulés de bois | 2 fois par an | Un ramonage pendant la période de chauffe recommandé |
| Fioul ou gaz | 1 fois par an | Sauf préconisations spécifiques du fabricant |
Le certificat de ramonage doit être conservé précieusement et présenté à votre assureur en cas de besoin.
Bonnes pratiques pour prolonger la durée de vie
- Utiliser du bois sec : Taux d'humidité inférieur à 20% pour limiter les dépôts de bistre et la condensation
- Éviter les combustions au ralenti : Les phases de combustion lente favorisent l'encrassement du tubage
- Maintenir une température de fumées correcte : Température suffisante pour éviter la condensation dans le conduit
- Inspecter visuellement : Contrôle annuel de la sortie en toiture, vérification de l'intégrité du chapeau et de la plaque d'étanchéité
- Surveiller les joints : Vérifier l'absence de desserrage des colliers et de fissures au niveau des raccordements
Questions fréquentes sur le tubage de cheminée
Un tubage peut-il prendre feu ?
Oui, un départ de feu reste possible si des dépôts de bistre s'enflamment ou si les distances de sécurité ne sont pas respectées. Le tubage rend l'installation plus sûre mais pas ininflammable. La prévention passe par l'utilisation de bois sec, l'évitement des combustions au ralenti, le maintien d'une température de fumées correcte et le ramonage régulier obligatoire.
Quelle est la durée de vie d'un tubage ?
Un tubage en acier inoxydable 316L correctement installé et entretenu dure généralement entre 15 et 30 ans. La durée de vie dépend de la qualité du matériau, de la fréquence d'utilisation, du type de combustible, de la régularité du ramonage et du respect des températures maximales. Un tubage flexible a une durée de vie légèrement inférieure au rigide en raison de sa moindre résistance mécanique aux ramonages répétés.
Peut-on tuber un conduit collectif type shunt ?
Non, il est formellement interdit de tuber un conduit collectif de type shunt, aussi bien le conduit collecteur que les conduits individuels. Ce type de conduit possède des caractéristiques spécifiques incompatibles avec le tubage. En cas de besoin d'amélioration, d'autres solutions techniques doivent être envisagées avec un bureau d'études spécialisé.
Le tubage améliore-t-il vraiment le rendement ?
Oui, significativement. Un tubage correctement dimensionné adapte la section du conduit à la puissance de l'appareil, ce qui optimise le tirage. Cela se traduit par une meilleure combustion, une température de foyer plus élevée, moins de surconsommation de bois et une réduction des dépôts de suie et de bistre. Le gain de rendement peut atteindre 10 à 15% par rapport à un conduit maçonné surdimensionné.
Faut-il isoler l'espace entre le tubage et le conduit maçonné ?
Non, cet espace doit rester vide et ventilé. L'isolation est déjà assurée par le conduit maçonné lui-même. L'espace annulaire sert à ventiler et assècher le conduit maçonné, évitant ainsi la condensation et la dégradation. Si une isolation supplémentaire est nécessaire (conduit extérieur, zone froide), utilisez directement un tubage double paroi isolé plutôt que de combler l'espace.
Le tubage est-il obligatoire lors d'une vente immobilière ?
Depuis 2023, dans les zones soumises à un Plan de Protection de l'Atmosphère (PPA), le tubage peut être imposé lors d'une vente immobilière si le conduit n'est pas conforme. Le diagnostic de l'installation de chauffage peut révéler la nécessité d'un tubage, et l'acheteur peut conditionner son offre à la mise en conformité. Même hors zone PPA, un conduit non tubé avec appareil à foyer fermé constitue généralement une non-conformité.
En suivant méthodiquement ces étapes et en évitant les erreurs courantes, vous garantissez une installation de tubage conforme, sécurisée et performante. Bien que techniquement réalisable en autonomie, faire appel à un professionnel certifié reste la solution la plus sûre pour bénéficier des garanties, des aides financières et de la tranquillité d'esprit.